Nara, Kyoto (2ème partie)

Il faut une fin à tout, ce soir est notre dernier sur le sol japonais. Après 3 mois pour moi et 2 semaines pour Elphie, l’heure du retour a sonné. Nous nous envolons pour Paris demain matin.

Voici donc un bref aperçu de nos 2 derniers jours de tourisme, l’un consacré à Nara et l’autre à Kyoto. Désolé mais je vais devoir faire plus court que d’habitude, vous le comprendrez sans doute facilement à la veille du départ final. J’essaierai de documenter un peu plus cet article lorsque je serai rentré.

Hier, visite de Nara, ancienne capitale du Japon il y a plus de 1000 ans, situé à une quarantaine de kilomètres de Kyoto. L’avantage d’une excursion à Nara est que les principaux sites sont regroupés dans le grand parc, et donc cela se fait facilement en 1 journée.

Malgré une petite pluie pas vraiment gênante, nous avons quand même pu visiter sans problème. Dans le parc de Nara il y a beaucoup de daims sauvages, qui vont et viennent à leur guise. Un peu comme à Miyajima, mais à une bien plus grande échelle. La plupart se laissent volontiers approcher voire caresser, car ils ont bien compris qu’il n’y avait rien à craindre, et souvent de la nourriture à récolter. Si on leur donne à manger, ils peuvent alors rapidement être assez envahissants.

Il est trop mignon Bambi, non? Le parc de Nara en regorge, absolument pas farouches.

Il est trop mignon Bambi, non? Le parc de Nara en regorge, absolument pas farouches. La preuve, la photo est prise presque sans zoom.

Autre espèce envahissante que nous avons rencontré hier: l’écolier japonais. De tout âge, il se reconnait à son uniforme, et se déplace toujours en groupe, plus ou moins important. Je ne sais pas s’il y avait une occasion particulière hier, mais nous en avons croisé des milliers, sans exagérer. Ils représentaient la grande majorité des visiteurs.

Un des innombrables groupes d'écoliers croisés tout au long de la journée à Nara.

Un des innombrables groupes d’écoliers croisés tout au long de la journée à Nara.

Parmi les nombreux monuments, la pagode à 5 étages du temple de Kofûku. Elle me rappelle celle du Zentsu-ji.

La pagode à  étages de Kofûku-ji (50m de haut environ).

La pagode à étages de Kofûku-ji (50m de haut environ).

Le plus exceptionnel site de Nara, c’est le Todai-ji. Il s’agit du plus grand bâtiment en bois du monde, rien que ça. L’original a été construit en 742, mais évidemment il a brûlé. Et donc été reconstruit durant l’époque d’Edo en un peu plus petit. Mais reste néanmoins absolument gigantesque.

Le Todai-ji, plus grand bâtiment en bois du monde: 47m de haut, 88m de large et 52m de profondeur.

Le Todai-ji, plus grand bâtiment en bois du monde: 47m de haut, 88m de large et 52m de profondeur.

Comme tout lieu exceptionnel, ça attire du monde!

Comme tout lieu exceptionnel, ça attire du monde!

Avant d’arriver devant cet énorme temple, on doit passer par une porte également très impressionnante:

L'immense porte d'entrée du Todai-ji, comparable à la Daimon du Koyasan.

L’immense porte d’entrée Sud du Todai-ji, comparable à la Daimon du Koyasan.

Mais il n’y a pas que les structures extérieures qui sont immenses dans l’enceinte du Todai-ji: à l’intérieur se trouve le plus grand Bouddha en bronze du Japon, le Daibutsuden. C’est probablement ce qui est le plus connu de Nara.

Le Daibutsu-den, 15 mètres de haut. En bronze, 2m plus haut que le Daibutsu de Kamakura.

Le Daibutsu-den, 15 mètres de haut. En bronze, 2m plus haut que le Daibutsu de Kamakura.

Cependant, un peu comme à Fukuoka (dans le Tochoji), du fait que cette statue est « enfermée » dans un bâtiment, elle paraît moins imposante et est bien sûr beaucoup moins accessible. Donc, même si c’est évidemment très impressionnant, le ressenti qui s’en dégage n’est pas tout à fait comparable à celui du Daibutsu de Kamakura, qui m’a plus impressionné.

Elle en impose quand même!

Elle en impose quand même!

Nara vaut donc largement un détour d’une journée. En tant qu’ancienne capitale et petite ville (à l’échelle du Japon), il y a beaucoup de sites à visiter, assez concentrés, dans un cadre agréable.

Aujourd’hui, pour notre dernier jour, la pluie s’est invitée une bonne partie de la journée. Mais cela n’était pas suffisant pour nous décourager d’aller voir quelques-uns des sites incontournables de Kyoto.

A commencer par le Kinkaku-ji, plus connu sous le nom de « Pavillon d’Or ». Initialement construit par le shogun Ashikaga Yoshimitsu au 14ème siècle pour son usage personnel, il est devenu un temple. Détruit vers 1470, reconstruit, puis brûlé par un moine s’y étant immolé en 1950, et reconstruit encore.

Une des plus célèbres cartes postales du Japon : le Pavillon d'Or. Mais là, c'est notre photo!

Une des plus célèbres cartes postales du Japon : le Pavillon d’Or. Mais là, c’est notre photo!

C’est effectivement magnifique, une grande partie étant recouverte de feuilles d’or. Pour compenser la pluie, nous avons eu le plaisir d’avoir une visite guidée rien que pour nous par une étudiante japonaise bénévole (en anglais). Intéressant car elle nous a raconté des choses sur différents lieux qui ponctuent le chemin de visite autour du Pavillon d’Or.

Il y avait énormément de monde, mais on en prend plein les yeux quand même, d’autant plus avec ce ciel sombre qui fait ressortir la splendeur du Pavillon.

Direction l’autre bout de la ville, vers le Kiyomizu dera. Temple bouddhiste d’une secte autre que celle du Koya-san (Shingon). Il date de 798, et comme d’habitude, a du être reconstruit, la dernière fois par le shogun Tokugawa Iemitsu en 1633. Ce grand temple repose sur 139 pilotis, avec une immense véranda, ce qui le rend unique.

Et encore une vue très connue: le Kiyomizu dera surplombant les arbres, avec la ville de Kyoto en fond.

Et encore une vue très connue: le Kiyomizu dera surplombant les arbres (13m au-dessus du sol), avec la ville de Kyoto en fond.

Vue d'ensemble des principaux bâtiments du Kiyomizu dera.

Vue d’ensemble des principaux bâtiments du Kiyomizu dera.

Vers la fin du parcours de la visite se trouve une fontaine (Otowa no Taki) qui, si on la boit, est censée aider à la réussite des examens. On y voit donc de nombreux jeunes y faire la queue:

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Et enfin, dernière visite au Japon, pour un autre endroit emblématique: le Fushimi Inari, un temple shinto consacré au kami Inari (renard), le protecteur des cultures de riz.

La porte d'entrée vers le sanctuaire.

La porte d’entrée vers le sanctuaire.

Jusque là, rien de particulièrement original. Mais en voyant ça, cela va forcément vous parler:

Interminable allée de torii.

Interminable allée de torii.

En effet, c’est ici qu’on peut marcher sous de très longues allées de torii alignés. Il y en a environ 30.000, sur 5km de long. Il ne s’agit pas d’une seule allée ininterrompue, mais entrecoupée par des temples et quelques vides le long du parcours. Une impression un peu bizarre d’enfermement se dégage lorsqu’on les parcourt. En tout cas, ça ne ressemble vraiment en rien à tout ce que j’ai pu voir jusque là! Encore une nouvelle expérience, à quelques heures du départ seulement.

Les allées ne sont pas toujours droites, ni plates.

Les allées ne sont pas toujours droites, ni plates.

Cet article marque la fin de 3 mois d’un voyage exceptionnel. Je vous en ferai un petit  dernier une fois rentré pour conclure et résumer comment je l’ai vécu.

じゃね!

Kyoto (1ère partie)

Dernière étape de mon aventure de 3 mois au Japon, et de notre séjour de 2 semaines avec Elphie: Kyoto. Ville incontournable pour tous les touristes, car de loin la plus chargée en histoire et la plus dotée en sites classés à l’Unesco. Capitale du Japon pendant environ 1100 ans, Kyoto regorge en effet de sites classés au Patrimoine Mondial par l’Unesco. Il serait possible de passer plusieurs semaines rien qu’à Kyoto sans arriver à faire le tour de tout ce que cette ville et ses environs ont à proposer. Un flot permanent de touristes passe par Kyoto.

Cependant, lorsque j’ai préparé ce voyage, j’avais pris la décision de ne passer que quelques jours à Kyoto pour les raisons suivantes:

– Elphie ne disposait que d’un temps très limité

– J’anticipais que j’aurais déjà vu énormément de choses pendant ces 3 mois, se rapprochant de ce qu’on peut voir à Kyoto.

N’ayant que quelques jours, nous nous concentrons donc sur quelques sites « incontournables » qui sont vraiment spécifiques à Kyoto. Comme ceux-ci sont très connus, je ne vais pas trop m’attarder à les décrire trop en détail, il existe plein d’infos facilement accessibles sur ces lieux parmi les plus visités du Japon. Et puis nous avons aussi beaucoup de choses à préparer pour notre retour donc je n’ai pas trop le temps!

On commence avec le Nijo-jo: il s’agit du château du Shogun, le véritable dirigeant du Japon jusqu’à la Restauration en 1868. Edifié pour Tokugawa Ieyasu à partir de 1603, il servait de demeure au Shogun, le chef de tous les daimyos, les seigneurs samurai. En pratique, le Shogun demeurait à Tokyo (Edo), tandis que l’Empereur devait rester à Kyoto, dans son propre palais, contrôlé par le shogunat. Mais le Shogun se devait de posséder une habitation digne de son rang à Kyoto.

La façade du bâtiment principal du Nijo-jo, remarquablement travaillée.

La façade du bâtiment principal du Nijo-jo, remarquablement travaillée.

A l’intérieur, les photos sont interdites. Cela peut se comprendre car il faut le préserver. Mais c’est très dommage car c’est le plus beau que j’ai vu de mes 3 mois au Japon. Les portes coulissantes sont toutes remarquablement décorées, tout comme les plafonds. Même s’il n’y a toujours aucun meuble ou presque, cela change des intérieurs ultra-dépouillés des châteaux japonais!

Comme la plupart des autres châteaux de l'époque, il y avait des douves.

Comme la plupart des autres châteaux de l’époque, il y avait des douves.

Et puis il y a quelques reconstitutions de la vie du shogun avec des mannequins, comme la réception des daimyos, ou entouré de geishas. Cela fait quelque chose de se tenir là même où le personnage le plus important du Japon féodal vivait, et où des décisions pour tout le pays étaient prises.

Vue d'une bonne partie des bâtiments du Nijo-jo.

Vue d’une bonne partie des bâtiments du Nijo-jo.

C’est incontestablement un lieu à visiter, car chargé d’histoire et particulièrement beau. On sent clairement par le niveau de richesse et de raffinement exprimé dans tout l’intérieur du château qu’ici vivait le plus puissant des seigneurs.

Un des jardins sur l'un des côtés du bâtiment principal.

Un jardin sur l’un des côtés du bâtiment principal.

Un peu dans la même optique, et qui fait aussi la spécificité de Kyoto, nous avons pu visiter le Palais Impérial. En fait, la visite consiste en un tour guidé d’1h environ, autour des principaux bâtiments du Palais Impérial. Depuis la Restauration Meiji en 1868 et le déplacement du pouvoir impérial à Tokyo, ce palais est plus un musée qu’autre chose, et il ne s’y passe pratiquement plus rien. Il n’empêche, il a abrité pendant plus de 500 ans l’Empereur du Japon.

Malheureusement, il n’y a que 2 visites guidées par jour, avec inscription préalable nécessaire. La conséquence est que le groupe de touristes avec qui nous étions devait avoisiner les 150 personnes. Je vous laisse imaginer comment cela peut limiter l’immersion dans ce lieu pourtant unique. Il y avait du monde également au Nijo-jo, mais là cette concentration est encore pire. Et évidemment pour faire des photos, ce n’est pas simple!

Derrière cet imposant portail rouge, le Shishinden, le plus important des bâtiments du Palais, et symbole du pouvoir impérial.

Derrière cet imposant portail rouge, le Shishinden, le plus important des bâtiments du Palais, et symbole du pouvoir impérial.

Un des jardins impériaux.

Un des jardins impériaux.

Les explications de la guide étaient intéressantes (en anglais), on en apprend un peu sur l’histoire de ce palais. Néanmoins, malgré la majesté du lieu, on a du mal à apprécier pleinement, la faute à une foule bien trop importante. Cela reste néanmoins un lieu marquant et unique qui mérite largement la visite, mais en sachant qu’on ne sera pas tout seul!

Une des monumentales portes encadrant l'enceinte du palais, s'étendant en tout sur 110.000m².

Une des monumentales portes encadrant l’enceinte du palais, s’étendant en tout sur 110.000m².

Et enfin, nous nous sommes dirigés pour dîner vers le quartier de Gion. Mondialement réputé pour être le quartier des geishas, respirant le Kyoto ancien, etc. Et bien nous avons été bien déçus: il n’y a en tout et pour tout que 2 petites rues typiques du Japon d’Edo. Vraiment rien d’extraordinaire comparé à Kanazawa, Takayama, et sans doute bien d’autres villes « authentiques ». Et je ne parle même pas de Tsumago. Quant aux geishas, évidemment pas une seule à l’horizon, mais ça bon, il faut avoir la chance de tomber dessus. Il faut aller au théâtre Gion corner où elles font leurs représentations totalement montées pour les touristes. Nous n’y sommes évidemment pas allés, cette mise en scène n’étant pas du tout ce que nous cherchions.

Une porte typique dans le quartier de Gion.

Une porte typique dans le quartier de Gion.

Bref, cela a l’avantage d’être dans Kyoto, donc accessible pour un court séjour au Japon, mais on voit tout aussi bien et même mieux ailleurs en ce qui concerne les quartiers pittoresques. Reste que les geishas sont concentrées à Kyoto, et que lors des festivals cela doit sans aucun doute être magnifique.

Pour finir la journée nous avons eu un énième aperçu de la gentillesse des japonais, mais assez nouveau pour Elphie: dans le restaurant que nous avions choisi pour dîner, nous nous sommes vite retrouvés seuls avec les restaurateurs. Voyant que je les remerciais en japonais, ils ont commencé à engager la conversation (en japonais), qui n’a pris fin que… plus d’1h30 plus tard! Une bonne dernière occasion de pratiquer mon japonais, et pour Elphie de constater ce que je vis depuis 3 mois globalement avec les japonais.

Ayant acheté mon (véritable) katana d’exposition dans l’après-midi, le chef a été cherché les 2 siens, et voilà le résultat:

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Et on vous passe le poster sur les geishas et le dépliant sur les sports traditionnels qu’ils nous ont donnés. Même si Elphie n’a pas tout compris (je ne traduisais pas tout le temps), encore une super soirée! Nous avons promis de leur envoyer un petit mot quand on rentrerait en France (car bien évidemment ils nous ont laissé leur email!). おおきに (« ookini »: merci) comme ils disent ici à Kyoto!

Ils nous ont gentiment mis en garde contre les daims de Nara, ville que nous avons visitée aujourd’hui: il y en a partout dans le parc de Nara, qui peuvent être assez « insistants » lorsqu’ils cherchent de la nourriture. Mais nous verrons ça dans le prochain article.

Pour finir, voilà le fruit de 3 mois de voyage un peu partout au Japon, et qu’il va maintenant falloir ramener en France:

Il y en beaucoup pour nous, mais le Père Noël est aussi de la partie!

Il y en beaucoup pour nous, mais le Père Noël est aussi de la partie!

A demain pour le dernier des derniers compte-rendus, sur Nara et Kyoto. Ne m’en voulez pas, il sera sûrement très succinct.

じゃね!

Himeji, Koyasan

Après Hiroshima et Miyajima, nous avons fait une courte escale à Himeji. Ville connue avant tout pour son château, réputé pour être le plus majestueux du Japon. Il est l’un des 4 châteaux classés Trésors Nationaux, puisque l’un des rares à avoir échappé aux incendies ou destructions diverses. Et sans doute le plus complet et le mieux préservé de tous.

C’est le dernier château que je vois avant mon départ, et donc cela aurait pu être l’apothéose. Mais on m’avait prévenu lors de l’organisation du voyage que le donjon principal était en rénovation jusqu’en 2014. Cependant, il restait visitable de l’intérieur. Nous étions donc prévenus. Malheureusement, une fois sur place, nous nous apercevons rapidement que l’intérieur du château ne se visite pas non plus pendant ces travaux, et qu’il faut se contenter d’un circuit extérieur.

La majeure partie du château d'Himeji est en travaux. Ca gâche franchement le panorama...

La majeure partie du château d’Himeji est en travaux. Ca gâche franchement le panorama…

Il y a bien la possibilité d’aller directement en haut du donjon (après une queue de 45 minutes…) pour la vue depuis le sommet, mais d’expérience avec les autres châteaux nous n’en voyions vraiment pas l’intérêt.

Nous nous sommes donc contentés de la visite de l’extérieur du château.

Une des portes qu'on franchit pour avancer vers les cours intérieures du château. Comme toujours, elles étaient lourdement conçues et défendues.

Une des portes qu’on franchit pour avancer vers les cours intérieures du château. Comme toujours, elles étaient lourdement conçues et défendues.

Il y avait malgré tout quelques parties en intérieur visitables, avec par exemple une exposition d’armures de samurai :

Quelques-unes des nombreuses armures (une quinzaine) de samurai alignées dans une salle. L'éclairage et leur disposition leur donnaient un air menaçant.

Quelques-unes des nombreuses armures (une quinzaine) de samurai alignées dans une salle. L’éclairage et leur disposition leur donnaient un air menaçant.

 Et puis nous pouvions également visiter toute une aile, où résidait et priait Senhime (la princesse Sen), petite-fille de Tokugawa Iyeyasu (le shogun que vous devez commencer à connaître à force que je vous parle de lui). De longs couloirs en bois, des pièces dépouillées, cela donne quand même un aperçu à Elphie de ce qu’est l’architecture intérieure d’un château japonais.

Une scène de vie de Senhime, jouant aux cartes.

Une scène de vie de Senhime, jouant aux cartes.

Bon malgré tout cette visite offrait quand même quelques belles vues de l’architecture du château, ce qui est d’autant plus frustrant car on peut alors imaginer à quel point il doit être magnifique lorsqu’il est visible dans sa totalité.

Une petite tour adjacente au donjon principal. Le château d'Himeji est souvent appelé le château du Héron, car il est blanc et semble prendre son envol (mais là évidemment ça ne se voit pas). Par contraste avec le château de Matsumoto, le château du Corbeau.

Une petite tour adjacente au donjon principal. Le château d’Himeji est souvent appelé le château du Héron, car il est blanc et semble prendre son envol (mais là évidemment ça ne se voit pas). Par contraste avec le château de Matsumoto, le château du Corbeau.

 Du coup, il n’y avait qu’un nombre très raisonnable de touristes dans l’enceinte du château. Ce qui, conjugué au beau temps, en a fait un moment très sympa quand même. Certaines visiteuses ont même posé pour la photo :

Elles se sont arrêtées spontanément pour prendre la pose, quand elles ont vues qu'on prenait l'allée en photo.

Elles se sont arrêtées spontanément pour prendre la pose, quand elles ont vues qu’on prenait l’allée en photo.

 Au final, cette halte à Himeji est bien sûr décevante car la visite est bien plus bridée que ce que nous pensions. Mais le peu que nous avons pu faire est d’un niveau déjà équivalent à pas mal de châteaux moins connus. Ce n’est donc pas si mal au final, d’autant plus qu’il faisait très beau. Mais attention, si vous prévoyez de visiter Himeji, il est vivement conseillé d’attendre la fin des travaux en 2014. Et j’en reste donc à Matsumoto comme étant le château le plus marquant de mes 3 mois au Japon.

Ces 2 derniers jours, nous n’avions pas Internet, et pour cause: nous étions retirés loin de tout dans un temple! Encore une expérience inédite, et clairement parmi les plus originales et dépaysantes du séjour. Ce temple, c’est le Fugenin, situé au Koyasan (Mont Koya). Le Koyasan est un des lieux les plus sacrés de la secte Shingon, une branche importante du bouddhisme japonais. Attention, secte n’a rien de négatif dans ce sens, cela veut simplement dire un courant du bouddhisme. Celui-ci a été fondé par Kukai Kobo Daishi dont je vous ai déjà parlé lorsque j’étais à Shikoku. Et c’est donc au Koyasan qu’il avait décidé d’établir sa secte en 816. En effet, ce plateau situé à 900m d’altitude devait être particulièrement isolé du monde à l’époque, et donc favorable à la méditation.

C’est donc un lieu rempli de temples (117 au total) qui nous attendait, de ce côté là c’est clair, nous avons fait le plein!

Comme il n’y a pas d’hôtels au Koyasan, ce sont les temples qui accueillent pèlerins et touristes, et c’est ce qui en fait une expérience aussi particulière.

La porte d'entrée du temple qui nous logeait pendant 2 nuits, le Fugenin.

La porte d’entrée du temple qui nous logeait pendant 2 nuits, le Fugenin.

La cour intérieure du temple. On aperçoit Koyakun, la mascotte du Koyasan (il y a des mascottes pour tout et n'importe quoi au Japon).

La cour intérieure du temple. On aperçoit Koyakun, la mascotte du Koyasan (il y a des mascottes pour tout et n’importe quoi au Japon).

L’hébergement était moins spartiate que ce à quoi nous nous attendions. Nous disposions d’une jolie chambre traditionnelle type ryokan, et de tout le confort moderne. Seul le bain/douche devait se faire dans les parties communes type onsen.

Concernant les repas, le Koyasan est connu dans tout le pays pour sa cuisine végétarienne appelée shojin ryori. Pour être honnête, le plus appréciable dans tout ça, c’était notre salle « privée » de repas, typiquement japonaise:

Notre salle de repas, chauffée, contrairement au reste du temple.

Notre salle de repas, chauffée, contrairement au reste du temple.

Au menu, c’était donc légumes matin et soir, avec du tofu, du riz et du thé. Avec ça, notre estomac d’omnivore était loin d’être rempli, et on avait faim le reste de la journée. Et puis bon, au niveau goût, ce n’était pas extraordinaire non plus: pas mauvais en soi, mais insipide. Donc après 2 jours de diète comme ça, nous étions bien contents de retrouver autre chose aujourd’hui après notre départ. Je tire mon chapeau aux moines pour survivre avec uniquement ça tous les jours.

Ce qui nous a le plus marqué, et qui est un des moments forts de mon voyage, c’est que nous étions « invités » (obligés) à assister à la cérémonie religieuse du matin, à… 6h30. Nous nous y étions préparés, et c’était une super expérience. Evidemment on se sent un peu perdu et mal à l’aise, notamment auprès des autres pratiquants qui y assistent, mais les moines sont très ouverts et compréhensifs. Je pense qu’ils sont plutôt contents qu’on s’intéresse à ce qu’ils font, même si nous ne sommes pas du tout adeptes de ces pratiques. Et puis ce n’est pas trop long, 30 à 45 minutes maximum. Bien sûr les photos étaient interdites, c’est normal. De toute façon c’est quelque chose à vivre plutôt qu’à voir.

Le lieu le plus sacré du Koyasan, c’est Okunoin. Il s’agit d’un cimetière très étendu le long d’une allée de 2 km, avec 200.000 tombeaux de personnes de toutes origines, dont certaines célèbres dans l’histoire du Japon.

La longue allée, bordée de tombeaux et de nombreux symboles bouddhistes.

La longue allée, bordée de tombeaux et de nombreux symboles bouddhistes. En forêt, c’est assez unique comme atmosphère, loin du monde.

Une vue typique de l'Okunoin. On peut voir un torii, que je croyais reservé au culte shinto...

Une vue typique de l’Okunoin. On peut voir un torii, que je croyais réservé au culte shinto…

Parmi tout ce que l’on peut voir dans ce gigantesque endroit, il y a les gorinto. Ce sont des symboles de la pensée bouddhiste, qui représentent les 5 éléments de l’univers: la terre, l’eau, le feu, le vent et le ciel.

Dans la secte Shingon, les éléments sont représentés ainsi (de bas en haut dans la photo): le carré = la terre; la boule = l'eau; le triangle = le feu; la demi-lune = le vent; la larme = le ciel.

Dans la secte Shingon, les éléments sont représentés ainsi (de bas en haut dans la photo): le carré = la terre; la boule = l’eau; le triangle = le feu; la demi-lune = le vent; la larme = le ciel.

Une autre figure que l’on retrouve fréquemment, c’est Jizô, le protecteur des enfants. Il est souvent paré d’un bavoir rouge, qui est mis par des parents souhaitant qu’il s’occupe de leur enfant défunt, ou qu’il assure bonne santé à leur(s) enfant(s).

Une ligne de statues de Jizô, qu'on trouve en quantité dans Okunoin.

Une ligne de statues de Jizô, qu’on trouve en quantité dans Okunoin.

Dans le fond de Okunoin, le lieu le plus saint de tout Koyasan : le Toro-do, qui est le mausolée de Kukai. Dans tout le périmètre, les photos sont interdites. Dommage car il y a des milliers (plus de 10.000) lanternes accrochées sous les toits tout autour du mausolée, qui donnent un aspect très spectaculaire au temple.

Un peu avant ce périmètre réglementé, une rangée de très grands Jizô (Mizu-muke-Jizo), que les gens arrosent pour apaiser l’âme des ancêtres.

Le Mizu-muke-jizo.

Le Mizu-muke-jizo.

Ceci constitue la plus marquante de nos visites lors de notre séjour au Koyasan, et pour moi ne ressemble à rien d’autre de tout ce que j’ai pu voir depuis 3 mois. Un lieu vraiment à part.

Tout étant situé dans quelques kilomètres carrés au Koyasan, cela permet de voir beaucoup de choses en peu de temps. Ainsi, après l’Okunoin, direction le Kongobuji, qui est le quartier principal du courant Shingon, et donc le plus grand temple (probablement) du Koyasan.

Le Kongobuji.

Le Kongobuji.

Une des portes d'entrée vers le Kongobuji.

Une des portes d’entrée vers le Kongobuji.

Ensuite, un passage rapide vers le mausolée des Tokugawa (Tokugawa-ke Reidai). Construit par Tokugawa Iemitsu (le 3ème shogun des Tokugawa) en 1643, en l’honneur des 2 premiers de la lignée (Tokugawa Ieyasu et Tokugawa Hidetada). En fait, ce sont 2 monuments identiques.

Richement décorés, sculptés et dorés de toutes parts, ces mausolées illustrent bien la puissance des personnages qu'ils célèbrent.

Richement décorés, sculptés et dorés de toutes parts, ces mausolées illustrent bien la puissance des personnages qu’ils célèbrent.

La plus grande concentration d’édifices bouddhistes du Koyasan se situe au Danjyo-garan, lieu dédié aux exercices spirituels. La plupart de ces bâtiments, initialement construits il y a très longtemps, ont brûlé à un moment ou à un autre et ont du être reconstruits. Les bâtiments actuels (une vingtaine) datent donc d’époques diverses, mais certains sont très anciens.

Vue générale, avec notamment le Miedo à gauche, le Konpon-daito au milieu (49 mètres de haut), et le Kondo à droite.

Vue générale, avec notamment le Miedo à gauche, le Konpon-daito au milieu (49 mètres de haut), et le Kondo à droite.

Le Miedo était utilisé comme temple bouddhiste personnel et lieu d'exercice de Kobo-Daishi. L'édifice actuel date de 1847.

Le Miedo était utilisé comme temple bouddhiste personnel et lieu d’exercice de Kobo-Daishi. L’édifice actuel date de 1847.

Le Saito, 27 mètres de haut.

Le Saito, 27 mètres de haut.

Et comme dans un jardin japonais, un petit endroit avec de l’eau, le Hasuike:

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Cela fait pas mal de temples au m²! On finit par ne plus savoir qui est qui et ce qu’ils représentent.

Et pour finir, un détour vers l’immense porte d’entrée du Koyasan, sans doute là où auparavant devaient passer les gens arrivant au Koyasan. La Daimon est particulièrement impressionnante, haute de 25 mètres et sans doute au moins aussi large. C’est la plus grande « porte » de lieu sacré que j’ai vu de tout mon séjour au Japon jusque là.

La Daimon du Koyasan.

La Daimon du Koyasan. La personne au pied de la porte vous donne une idée de l’impression de grandeur qui s’en dégage.

Ce séjour de 2 jours au Koyasan est une coupure nette avec le monde et la foule. Dormir dans un temple et assister à la cérémonie religieuse est un moment très fort. Notre redescente vers la grande ville de Kyoto aujourd’hui nous a fait prendre la mesure du caractère unique de ce lieu et de l’atmosphère qui s’en dégage. Les litanies des moines vont rester longtemps dans nos têtes.

Assez paradoxalement, les gens à Koyasan conduisent n’importe comment, souvent trop vite et assez dangereusement. Comme je n’en ai pas vraiment vu ailleurs au Japon. Très surprenant dans un lieu aussi enclin à faire prendre son temps.

Dernière étape : Kyoto et Nara, au prochain article…

じゃね!

Hiroshima et Miyajima (pendant la Golden Week…)

En quittant l’île de Kyushu, ces 3 derniers jours ont été consacrés à Hiroshima et Miyajima. Nous entamons ainsi un parcours touristique ultra-classique pour de courts séjours au Japon.

A: Hiroshima; B: Miyajima; C: Himeji; D: Koya-san; E: Kyoto (et Nara)

C’est une façon encore différente d’appréhender le pays, pas celle que je préfère évidemment, mais ces sites sont un passage obligatoire quand on visite le Japon. Et il faut ajouter à cela que c’est en plus en ce moment la Golden Week, c’est à dire la dizaine de jours dans l’année où les jours fériés s’enchaînent pour les japonais, et donc où une grande majorité d’entre eux sont en vacances. Pas le moment idéal pour fréquenter des sites touristiques, mais le calendrier du voyage ne nous laissait pas vraiment d’autre option.

On commence donc par une 1/2 journée de visite à Hiroshima. Evidemment consacrée à ce qui tourne autour de la bombe atomique, larguée le 6 août 1945. Les monuments et musées liés à ce triste jour sont rassemblés dans le Parc de la Paix, là même où la bombe a explosée.

Le plus emblématique de tous est bien sûr le « Dôme de la Bombe A », seul édifice à être resté debout dans un rayon de plusieurs kilomètres, car situé quasiment à la verticale de l’explosion. En effet, la bombe a explosé à 600m d’altitude, volontairement, pour être la plus dévastatrice possible.

Le "Dôme de la bombe A". Anciennement un bâtiment administratif.

Le « Dôme de la bombe A ». Anciennement un bâtiment administratif.

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Le Dôme est maintenant entièrement cerné par la ville, mais il reste un témoignage mondialement connu de la guerre nucléaire.

Un peu plus loin on trouve un monument dédié aux enfants victimes de la bombe. Et en particulier à l’une d’entre eux, Sadoko Sasaki. Celle-ci avait 2 ans au moment du bombardement, mais s’en est sorti sans dommage apparent. Ce n’est que 10 ans plus tard qu’elle développa une leucémie liée aux radiations, qui lui fut malheureusement fatale. Durant sa maladie, suivant une croyance japonaise, elle plia plus de 1000 grues en papier (origami): en effet, si l’on atteint ce chiffre de grues pliées, notre voeu est censé se réaliser.

C’est pourquoi sur ce monument, et un peu partout dans le Parc de la Paix, on peut voir des grues de ce type.

Monument des Enfants pour la Paix, érigé en mémoire de Sadoko (d'où la grue au sommet) et de tous les enfants victimes.

Monument des Enfants pour la Paix, érigé en mémoire de Sadoko (d’où la grue au sommet) et de tous les enfants victimes. On y fait la queue à la japonaise pour sonner la cloche.

Il y a également un cénotaphe en mémoire de toutes les victimes, et une flamme qui brûlera tant qu’il existera des armes nucléaires dans le monde (autant dire qu’elle n’est pas prête de s’éteindre…).

Alignement du cénotahpe, de la Flamme de la Paix, et du Dôme de la Bombe A.

Alignement du cénotaphe, de la Flamme de la Paix (qu’on voit à peine), et du Dôme de la Bombe A.

Et puis dans le Parc se trouve également le Musée de la Paix (tout est « de la Paix » à Hiroshima). Et là, nous avons réalisé ce que c’était que la Golden Week au Japon:

Le Musée de la Paix pendant la Golden Week: un beau bain de foule... A éviter si vous pouvez!

Le Musée de la Paix pendant la Golden Week: un beau bain de foule… A éviter si vous pouvez!

Il n’empêche qu’il est bien sûr incontournable de visiter ce musée quand on est à Hiroshima. Des expositions parfois difficiles à supporter (photos, restes humains), mais qui ont le mérite de montrer ce qui résulte d’une arme nucléaire. Malgré tout, nombreuses étaient les familles japonaises avec des enfants, parfois très jeunes.

Je ne me serais vraiment pas senti à l’aise en étant américain ici… La bombe a tout dévasté dans un rayon de 2km, et a fait un total de 140.000 victimes, directement ou des séquelles de l’explosion et des radiations.

Hiroshima est maintenant une ville messagère de l’anti-nucléaire. D’ailleurs sont exposées par exemple les lettres envoyées par le maire à l’ambassadeur de France au Japon, pour protester contre les essais nucléaires à Mururoa en 1995. Ces lettres sont envoyées systématiquement à tout pays manipulant des armes nucléaires.

Cette horloge compte le nombre de jours depuis Hiroshima (6 août 1945), et depuis le dernier essai nucléaire dans le monde (80 jours, Corée du Nord).

Cette horloge compte le nombre de jours depuis Hiroshima (6 août 1945, 8h15), et depuis le dernier essai nucléaire dans le monde (80 jours, Corée du Nord).

Mais période de vacances oblige, c’était également la fête à Hiroshima, avec des danses, de la musique et des spectacles un peu partout dans le Parc de la Paix. Ambiance qui contraste étrangement avec la solennité du musée.

La fêtes des Fleurs à Hiroshima, dans le Parc de la Paix.

La fête des Fleurs à Hiroshima, dans le Parc de la Paix.

Il est d’ailleurs difficile d’imaginer que la ville a été rasée en 1945, car elle ressemble aujourd’hui à n’importe quelle autre grande ville japonaise. On termine avec quelques photos de nuit du Dôme, bien éclairé mais malheureusement maintenant entouré d’immeubles. C’est une des grandes différences entre le Japon et la France : chez nous les monuments et sites historiques sont très (peut-être même parfois trop) protégés et règlementés. Ici le périmètre consacré au monument et à sa non-pollution visuelle est minimaliste.

Le Dôme de la Bombe A une fois la nuit tombée.

Le Dôme de la Bombe A une fois la nuit tombée.

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Atmosphère radicalement différente, à seulement 25 minutes de train et 10 minutes de ferry: l’île de Miyajima. Sûrement un des sites touristiques les plus connus et les plus fréquentés du Japon. Et son emblème : le grand torii planté dans la mer.

A marée basse, on peut marcher jusqu'au Torii. A condition de ne pas être pressé et d'aimer la foule...

Depuis le ferry qui nous amène sur l’île. A marée basse, on peut marcher jusqu’au Torii. A condition de ne pas être pressé et d’aimer la foule, car c’est la Golden Week…

Ce torii symbolise l’entrée dans le sanctuaire shinto d’Itsukushima, bâti en 1168 par Taira no Kiyomori. Ce sanctuaire étant très grand, ça ne rend pas en photo donc on ne vous en met pas sur le site.

Miyajima recèle de très nombreux autres sanctuaires shinto et temples bouddhistes en tout genre.

La pagode à 5 étages de XXX.

La pagode à 5 étages située en face du Senjokaku.

La Pagode XXX avec le temple YYY.

La Pagode avec le temple Senjokaku.

Une autre particularité amusante de l’île, c’est qu’il y a de nombreux daims « sauvages » un peu partout. Absolument pas peureux, ils se laissent caresser, en fait ils espèrent avoir à manger, ou en chiper s’ils peuvent. Pendant une de nos ballades hors des arcades commerçantes archi-bondées, il y en a même un qui nous a suivi un petit moment, on commençait à se demander si on allait devoir le ramener sur le bateau.

Les daims sauvages se promènent un peu partout et ne sont vraiment pas craintifs.

Les daims sauvages se promènent un peu partout et ne sont vraiment pas craintifs.

Le 1er jour, nous avons voulu monter jusqu’au sommet de l’île grâce au téléphérique, mais les 80 minutes d’attente nous ont rapidement fait faire demi-tour. L’occasion de traverser des paysages sympathiques:

Sur le chemin entre la station de téléphérique et le bord de mer.

Sur le chemin entre la station de téléphérique et le bord de mer.

Bon, je crois que pour vous faire clairement comprendre ce que veut dire bondé, voilà ce que sont les principales rues de Miyajima:

La rue commerçante principale de Miyajima le midi : comme pour Hiroshima, évitez absolument la Golden Week si vous pouvez!

La rue commerçante principale de Miyajima le midi : comme pour Hiroshima, évitez absolument la Golden Week si vous pouvez! Nous avons attendu environ 45 minutes rien que pour pouvoir entrer dans un restaurant, manger des okonomiyaki, la spécialité de la région d’Hiroshima.

Tout ça pour avoir la possibilité de faire des photos de LA carte postale du Japon, que pratiquement tout le monde connaît:

Le Torii dans l'après-midi.

Le Torii dans l’après-midi. Vous l’avez tous déjà vu quelque part d’une façon ou d’une autre. Mais c’est vrai que c’est joli. 16m de haut depuis le sol, visible à marée basse.

Ce séjour à Miyajima était également l’occasion de loger dans un ryokan, le premier pour Elphie. Chambre avec tatamis, habillés en yukata, onsen, personnel aux petits soins, repas traditionnels. D’ailleurs la grande spécialité de Miyajima ce sont les huîtres; pas de chance, ni Elphie ni moi n’aimons ça. Se confondant en excuses, le personnel les a remplacées par des pinces de langouste. Et retirées du menu du petit déjeuner, qui restait néanmoins très atypique pour nous.

Notre chambre dans le ryokan, avec les futons.

Notre chambre dans le ryokan, avec les futons.

Et enfin, une petite promenade digestive en profitant du calme après le départ des hordes de touristes qui ne restaient pas dormir sur l’île. On vous le conseille d’ailleurs si vous venez à Miyajima: c’est comme le Mont Saint-Michel, il faut y rester le soir pour vraiment le découvrir.

Le Torii au coucher du soleil.

Le Torii au coucher du soleil. Sûrement la plus belle chose qu’on ait vu lors de notre séjour sur l’île, et avec très peu de monde autour de nous.

Le Torii une fois la nuit tombée.

Le Torii une fois la nuit tombée.

Notre dernière demi-journée sur l’île, ce matin, a été consacrée à explorer les hauteurs et notamment le Mont Misen. On y accède d’abord via 2 téléphériques successifs. Et déjà à 10h du matin, nous avons dû faire la queue pendant 40 minutes avant de l’emprunter.

Arrivés à la station de Shishiiwa, on entame alors un parcours pédestre d’environ 1h, qui passe par divers temples, points de vue, et aussi par le point culminant de l’île, à 535m. Quelques photos pour illustrer ça:

En route vers le sommet du Mont Misen.

En route vers le sommet du Mont Misen.

Le Reikad, dans lequel la Kiezu-no-hi (la Flamme Eternelle) brûle depuis 1200 ans. C'est à dire depuis l'époque du moine Kobo Daishi. C'est aussi le temple sensé renforcer les liens de couple.

Le Reikado, dans lequel la Kiezu-no-hi (la Flamme Eternelle) brûle depuis 1200 ans. C’est à dire depuis l’époque du moine Kobo Daishi. C’est aussi le temple censé renforcer les liens de couple.

Point de vue depuis le sommet du Mont Misen, à 535m d'altitude.

Point de vue depuis le sommet du Mont Misen, à 535m d’altitude.

Nous avons ensuite effectué la descente à pied, pour profiter du beau temps et de la nature loin de la foule agglutinée sur le bord de l’île. Avec encore un beau point de vue sur le torii et le sanctuaire de Itsukushima:

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Le temple de Daishoin, sur le chemin du retour.

Le temple de Daishoin, sur le chemin du retour.

Et enfin, pour conclure ce passage à Miyajima, nous nous devions d’aller jusqu’au torii à marée basse, pour le toucher. C’est ce que nous avons fait, et évidemment nous n’étions pas les seuls!

Début de remontée de marée, nous sommes arrivés à temps pour aller jusqu'au pied du torii.

Début de remontée de marée, nous sommes arrivés à temps pour aller jusqu’au pied du torii.

En quittant Miyajima tout à l’heure, j’ai donc entamé la dernière semaine de ces 3 mois au Japon, et Elphie a déjà effectué la moitié de son séjour. Avec encore au programme beaucoup de choses, dont 2 jours logés dans un temple, que nous vous raconterons dans le prochain article!

じゃね!

Kumamoto, Aso-san

Nous voilà arrivés à Kumamoto, pour la suite de notre (court) séjour sur l’île de Kyushu. Un petit rappel de notre itinéraire sur Kyushu:

A: Kagoshima; B: Kumamoto; C: Mont Aso (Aso-san)

En fait nous sommes restés basés à Kumamoto pour la visite du Mont Aso (Aso-san pour les japonais), que nous avons faite aujourd’hui.

Mais avant de vous parler de cette excursion sur Aso-san, hier Elphie a pu voir son premier château japonais. Et pas n’importe lequel, puisque le château de Kumamoto est sans conteste parmi les plus beaux du pays.

Pour moi un sentiment un peu étrange de déjà-vu, puisque je suis venu visiter ce château il y a 5 semaines environ avec la famille chez qui j’avais passé un week-end lors de mon volontariat à Minamata. C’est d’ailleurs le seul endroit que je visiterai 2 fois durant tout mon séjour au Japon.

Ce n’est pas bien grave car nous avons pu profiter d’une visite tranquille, avec beaucoup moins de monde car les cerisiers ne sont plus en fleurs. Et (re)faire de nombreuses photos du château, qui le mérite bien.

Même sans fleurs de cerisiers, ça vaut largement le déplacement.

Même sans fleurs de cerisiers, ça vaut largement le déplacement.

Le château a comme beaucoup d’autres été construit principalement autour de 1600. Après la guerre civile de 1877 il a brûlé en très grande partie, et a été (un peu) reconstruit. L’intérieur est moderne et consacré à son histoire. Il ne s’agit donc pas d’une construction ancienne, mais il n’en demeure pas moins imposant et parmi les plus beaux du Japon. En outre il possède des remparts très longs et épais qui ajoutent à son côté forteresse.

Vue depuis la parc de l'autre côté. Les longs remparts font le tour du château.

Vue depuis le parc du côté opposé à l’entrée principale. Les longs remparts qui devaient anciennement faire le tour du château sont en fait aujourd’hui sur environ la moitié du périmètre.

Comme nous avions du temps, nous avons profité de la petite démonstration sur les samurai, notamment du détail de leur équipement. Malheureusement, si j’ai bien compris, comme c’est la Golden Week en ce moment au Japon (LA semaine dans l’année où tous les japonais sont en vacances), la troupe de comédiens n’était pas au complet et donc le spectacle n’a pas vraiment eu lieu. Cela nous a quand même permis de voir des tenues d’époque (fausses évidemment).

Les 2 comédiens-samurai, avec un katana en plastique. Mais c'était intéressant quand même.

Les 2 comédiens-samurai, avec un katana en plastique. Mais c’était intéressant quand même.

Le château de Kumamoto recèle une belle surprise, pas forcément bien mise en évidence d’ailleurs quand on ne connaît pas. D’où l’avantage d’y être déjà venu! Il s’agit d’une reconstitution partielle du palais du daimyo. En effet, celui-ci n’habitait pas dans les donjons du château, mais dans des habitations dédiées, dans l’enceinte du château. Je ne crois pas avoir vu de telles reconstitutions ailleurs que dans le château de Kumamoto. Cela permet de mieux s’imaginer leur vie à l’époque, car les tours et donjons sont sinon bien vides et austères!

Une partie des nombreux panneaux coulissants décorés qui entourent le lieu de réception des hauts personnages par le daimyo.

Une partie des nombreux panneaux coulissants décorés qui entourent le lieu de réception des hauts personnages par le daimyo. Elphie confirme, c’est vraiment joli.

Pour conclure, le château de Kumamoto est sans aucun doute un des lieux incontournables de Kyushu.

En complément de cette visite, nous avons également fait un petit tour dans le grand parc du château. Dans celui-ci se trouve entre autres l’ancienne maison Gyobutei du samurai Kyu-Hosokawa. Après la frustration d’hier à Chiran à cause de la pluie, où nous n’avons pas pu profiter du vieux quartier samurai, il nous paraissait évident de visiter celle-ci.

La porte typique d'une maison de samurai, avec le mur d'enceinte.

La porte typique vers la propriété d’un samurai, avec son mur d’enceinte.

L'entrée principale de la maison, où à l'époque seuls les personnages importants pouvaient passer.

L’entrée principale de la maison, où à l’époque seuls les personnages importants pouvaient passer.

L’intérieur est comme toujours très épuré et dépouillé. Et comme toujours ça ne rend pas trop en photos, il vaut mieux le voir directement. Quelques photos néanmoins, notamment des jardins, prises par Elphie pour qui c’était la première demeure de samurai:

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Aujourd’hui c’était donc l’excursion vers le Mont Aso, ou Aso-san pour les japonais. Le Mont Aso est une caldeira, l’une des plus grandes du monde (128 km de circonférence). Sous contrôle de l’expert à côté de moi, la caldeira est le résultat géologique d’anciennes éruptions. Dans cette caldeira se trouve maintenant plusieurs volcans (5 principaux).

Parmi eux se trouve le Mont Naka dake, le seul en activité, à 1506m d’altitude. Célèbre pour son lac à l’intérieur même du cratère. Des gaz sulfurés sortent en quasi-permanence de ce volcan.

Et pas de chance, malgré la météo superbe aujourd’hui, le vent amenait ces vapeurs dans la mauvaise direction, ce qui a contraint les autorités à interdire l’approche du volcan.

Vous voyez la pancarte "No"?. C'est à partir de là que l'accès est interdit...

Vous voyez la pancarte « No »? C’est à partir de là que l’accès est interdit…

Comme on se dit que l’on n’a pas fait 1h de train et 45min de bus pour rien, nous profitons quand même de l’air de la montagne et des beaux paysages qui nous environnent. Et puis le volcan est quand même nettement visible et impressionnant, avec la fumée qui s’en échappe en permanence.

Au plus près de ce que l'on a pu approcher du volcan.

Au plus près de ce que l’on a pu approcher du volcan.

Le paysage environnant. Et à environ 1350m d'altitude, il faisait nettement plus froid qu'à Kumamoto.

Le paysage environnant. Et à environ 1350m d’altitude, il faisait nettement plus froid qu’à Kumamoto.

Il y avait des tours en hélicoptères possibles, mais montre en main cela durait 5 minutes, avec 2 passages de 30 secondes autour du volcan. Sans intérêt donc. Nous avons préféré marcher un peu pour profiter de la nature et des beaux points de vue sur le volcan et les alentours.

Quelques vues supplémentaires du volcan, de plus en plus loin:

La fumée toxique est bien visible, avant de se confondre avec les nuages.

La fumée toxique est bien visible, avant de se confondre avec les nuages.

Noter les grands immeubles en bas à droite, ça vous donne une petite idée de la taille imposante du cratère.

Noter les grands immeubles en bas à droite, ça vous donne une petite idée de la taille imposante du cratère.

Le volcan est en arrière-plan, bien plus loin que les personnes sur la colline.

Le volcan est en arrière-plan, bien plus loin que les personnes sur la colline.

Il était intéressant de constater que la verdure est omniprésente, à part dans la proximité immédiate du volcan. En ce sens c’est donc très différent de l’Islande.

Comme cette étape a été écourtée bien malgré nous, le retour à Kumamoto s’est effectué suffisamment tôt dans l’après-midi pour nous laisser le temps d’aller faire un tour au Suizenji Jojuen. Il s’agit d’un jardin de 65 hectares, assez original puisqu’il reproduit le relief rencontré par la route du Tokaido qui reliait Edo et Kyoto à l’époque d’Edo.

Vue générale du jardin. On retrouve le lac Biwa, et au fond le dôme quasi-parfait du Fuji-san (Mont Fuji).

Vue générale du jardin. On retrouve le lac Biwa, et au fond le dôme quasi-parfait du Fuji-san (Mont Fuji).

Dans ce jardin se trouve le sanctuaire shinto d’Izumi. L’occasion pour Elphie de continuer sa découverte des sanctuaires shinto.

Le sanctuaire Izumi. Devinez à qui est la poussette qui est restée 1/4h à l'abandon pile devant le sanctuaire? ... ... Aux touristes chinois, gagné!

Le sanctuaire Izumi. Devinez à qui est la poussette qui est restée 1/4h à l’abandon pile devant le sanctuaire? … … Aux touristes chinois, gagné!

C'est vrai que l'allée de torii rouges, c'est beau. Première fois (comme Elphie) ou pas.

L’allée de torii rouges vers une petite annexe du sanctuaire.

Le Mont Fuji reproduit. Même le sommet enneigé est présent, avec de l'herbe tondue plus ras.

Le Mont Fuji reproduit. Même le sommet enneigé est présent, avec de l’herbe tondue plus ras.

Ce jardin a été construit par les seigneurs Hosokawa, qui ont dirigé la région de Kumamoto à partir de 1632. Il a fallu 80 ans pour finaliser ce jardin.

Hosokawa Tadatoshi et Hosokawa Fujitaka, 1ère et 3ème générations de la famille Hosokawa.

Hosokawa Tadatoshi et Hosokawa Fujitaka, 1ère et 3ème générations de la famille Hosokawa.

Une ballade bien agréable pour terminer la journée et profiter du beau temps, qui dissipe la frustration de ne pas avoir pu approcher du volcan au Mont Aso.

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Demain direction Hiroshima pour la visite obligatoire du Musée de la Paix. Sûrement d’autres types d’émotions en perspective…

じゃね!